Présentation « Avec Elles/Con Ellas »

Meryem Koufi

Ces poétesses ont fait partie d’un mouvement intellectuel et artistique d’avant garde « Generacion del 27 » -relatif à l’année-et son pendant féminin « Las sin sombrero », « Les Sans-chapeau » dont la fin a été marquée par le déclenchement de la guerre civile en Espagne, en 1936 et l’avènement de la dictature franquiste. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, en Argentine, au Chili et en Uruguay d’autres femmes poétesses étaient à l’oeuvre pour se faire une place de choix, dans un milieu littéraire presque exclusivement masculin. Elles étaient totalement engagées dans leur temps à cette période et tout au long de leur vie, aussi bien artistiquement que socialement et politiquement. Elles s’appelaient: Josefina de la Torre, Carmen Conde, Concha Mendez, Ernestina de Champourcin, Alfonsina Storni. Con Ellas est pour Meryem Koufi l’occasion d’un double hommage:« à tout ce que le Flamenco a apporté et changé dans ma vie aussi bien personnelle que professionnelle et à la langue espagnole dans sa diversité et sa richesse des deux côtés de l’atlantique».

Dans cette nouvelle création, il s’agit de compositions originales sur un canevas de musique traditionnelle Flamenca. Ses codes, ses rythmes et ses modes sont subtilement mêlés à l’originalité et la profondeurs des poésies. Il s’agit avec ce spectacle de redécouvrir une mémoire occultée d’une expression poétique singulière, des voix originales et résolument modernes. Audacieuses et déterminées à inventer leur propre chemin, ces poétesses chantaient la vie, la mort, l’amour, la liberté, la difficulté d’être, de croire et de créer.C’est l’expression d’une grande puissance évocatrice des sentiments, de l’engagement, des paysages, de l’enfance et du temps qui passe.Définitivement actuelle, leur langue permet de donner « une nouvelle voix » a une expression musicale ancestrale telle que le Flamenco. Ce dernier qui engage le corps, l’âme et l’esprit se fait l’écho, le « porte voix » de ces poétesses qui ont sondé de près l’humain et la vie, dans ce qu’ils ont de plus simple, tragique ou sublime.

Josefina de la Torre. Las Palmas de Gran Canarias 1907- Madrid 2002

« Je me cherche et ne me trouve pas » Me busco y no me encuentro. Je me cherche et ne me trouve pas. Rondo por las oscuras paredes de mi misma, Je rôde entre les parois obscures de moi-même, Interrogo el silencio y este torpe vacio J’interroge le silence et ce vide lourd y no acierto en el eco de mis incertidumbres. Et je ne trouve rien dans l’écho de mes incertitudes. No me encuentro a mi misma. Je ne me trouve pas moi-même.

 

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